Panorama sur l’histoire des canuts et soyeux de Lyon

Panorama sur l’histoire des canuts et soyeux de Lyon

A Lyon, on a longtemps considéré que la ville des Lumières était bercée par trois fleuves : le Rhône, la Saône et … les larmes des soyeux.

Si aujourd’hui les canuts et soyeux ont presque totalement disparu de Lyon, ils restent ancrés dans le patrimoine de la région.

Une formidable épopée !

En 1466, une première tentative d’installer la soierie à Lyon est entreprit sur les ordres de Louis XI. Hors, ce n’est qu’en 1536 que celle-ci est implantée sous le règne de François 1er.

Les premiers ateliers de production « d’étoffes d’or, d’argent et de soie » s’inspirent largement des italiens présents en nombre depuis la Renaissance.  A la fin du XVIIIème siècle, Lyon devient alors la capitale de la soie et s’impose dans toute l’Europe. Sous l’impulsion de Napoléon, la ville lyonnaise connaît une période faste.

Ce commerce de la soie, reconstitué après la révolution française de 1789, se hiérarchise et on lui accorde plusieurs dénominations :

-          les soyeux, nom donné aux marchands-fabricants, achètent les matières premières et la donnent à des ateliers de tissage pour la création d’étoffes.

-          le chef d’atelier prend en charge la transformation et fait travailler sa propre famille ou des ouvriers tisserands, que l’on appelait les canuts

La période noire du marché de la soie : la révolte des canuts !

Mécontents du pouvoir en place à Lyon et en guerre contre les soyeux, les canuts sont à l’origine de la rébellion du 22 novembre 1831. Leur objectif est avant tout de dénoncer les conditions de travail laborieuses : ils travaillent dix-huit heures par jour pour un salaire de misère.

« Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! », voici le slogan entonné dans les rues par les nombreux ouvriers tisserands. Considérée comme la première révolte ouvrière de l’histoire du pays, celle-ci donne lieu à de violents affrontements :

- 20 000 hommes et 150 canons sont envoyés par le roi Louis-Philippe pour rétablir l’ordre.          – de nombreuses victimes et majoritairement des femmes, des vieillards et des enfants.

Le calme revient progressivement dans la capitale des Gaules. Mais, les 14 février et 9 avril 1834, les canuts se révoltent de nouveau et occupent les hauteurs de Lyon. Six jours durant, ils font face et résistent à plus de 12 000 soldats notamment grâce aux traboules, les passages obscurs permettant d’accéder d’une rue à l’autre à travers les immeubles.

Une disparition progressive

Malheureusement ces révoltes à répétition ont vite raison de la soierie à Lyon. Au XXème siècle, l’activité se maintient mais doit faire face aux usines installées en dehors de la Croix-Rousse où la main d’œuvre est moins cher et plus docile.

Les canuts sont peu à peu remplacés en raison de la simplification des mécanismes et l’utilisation plus systématique de l’électricité. Une petite mort pour le « savoir-faire » ?

Une architecture artistique pour la ville des Lumières

Présentes à la Croix-Rousse, rue d’Ivry, les habitations typiques des canuts apportent un supplément d’âme à ce quartier phare de Lyon. Constitués de cinq ou six étages et comportent d’anciens appartements-ateliers, ces « immeubles canuts » se singularisent par de hautes fenêtres, des poutres apparentes et des soupentes (mezzanines).

Apprécié de la population lyonnaise, le souvenir des canuts et des soyeux reste présent culturellement présent.

Une soif de connaissances ? De nombreux musées retracent et partagent cette période importante dans l’histoire de la ville de Lyon. Vous avez donc l’embarras du choix !